S’incrire sur les listes électorales pour ne pas voter est un acte citoyen

Jeudi 22 septembre 2011, par julien // point de vue image du monde
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Si on vous donne le choix entre tuer votre voisin de droite, et celui de gauche, alors il est important de comprendre que ne tuer personne est aussi un choix qui a de l’importance.

Ne pas voter -certes il n’y a pas mort d’homme dans ce cas- est aussi un acte dont il est important de comprendre et rétablir la valeur citoyenne, car fait de manière intelligente il peut renforcer et non détruire la démocratie.

De la légitimité et de la légalité

Est légal ce qui respecte la lettre de la loi, et légitime ce qui -avec une large assiste citoyenne- respecte l’esprit de la loi . Le gouvernement de Vichy est toujours légal, car non abrogé, la Vé République (et je la préfère de loin au gouvernement de Vichy) est illégale mais légitime.

Le vote est légitimement l’expression du choix éclairé du citoyen. Le suffrage actuel est aujourd’hui l’expression d’une vaste fumisterie. Pour faire un choix éclairé, encore faudrait-il que le choix fut éclairé, c’est à dire que l’on fit appel à notre jugement sur des critères rationnels et non que l’on fit des élections un concours de popularité.

Si le choix était citoyen, alors, il serait un contrat de fait entre le candidat s’engageant à respecter sa parole et celui qui vote. Et voter devrait engager les candidats à respecter les promesses de campagnes dans une logique de contrat entre adultes éclairés. Or comme le dit un sage Homme nommé Chirac en terme d’élection trompe qui peut, c’est à dire que

« les promesses n’engagent que ceux qui y croient »

. Il n’est pas admissible que le contrat non respecté ne soit pas synonyme de démission.

Donc aujourd’hui, les élections ne sont pas un choix éclairé digne d’une République qui respecte le citoyen.

Le faux choix

L’une des raisons pour lesquelles j’incite les électeurs à ne pas voter pour les présidentielles, c’est que le président est de toute façon impuissant (modulo l’article 49.3) à passer des mesures sans une majorité présidentielle. Mais autant en au niveau local qu’au niveau présidentiel, les élections sont un piège à con [1].

Le vote présidentielle n’est pas celui qui importe.

Le vote blanc

Étant un bon citoyen, j’ai souvent participé au dépouillement dans les bureaux de vote. À ce titre, je peux garantir que notre système papier actuel est largement plus fiable que le vote électronique. Si une fraude peut passer c’est uniquement si les citoyens se laissent écarter du dépouillement et oublient d’aller vérifier que leurs comptes sont conformes à ce qui est annoncé. Une démocratie sans implication valant autant qu’un jeu de télé-réalité, je ne pleurerais pas sur les citoyens timorés qui ne se battent pas quand ils constatent une fraude.

Ce que cela m’appris surtout c’est que les votes blancs sont re-répartis sur tous les candidats au pro-rata des votes exprimés : si il y a 50% de vote blanc sur une élection ou 2 personnes politiques sont à 20 / 30% exprimés avec 100% de votants, alors, le ministère de l’intérieur annoncera 40 % et 60% pour chaque candidat.

Ainsi, si on se déplace pour voter on légitime les élus qui sortent des urnes. Alors que la terreur des hommes politiques et de ne pas être légitimes.

En terme de comptage voter blanc, et ne pas s’inscrire sur les listes électorales cela a exactement le même résultat.

Imaginez la tronche de XXX [2] élu avec 75% des vois mais avec 75% d’abstention, comment pourrait-il fanfaronner que son programme est celui de 75% des français.

L’origine du faux choix

Pour se présenter il faut non seulement des signatures, mais en plus se faire entendre. Même au niveau local, la partie la plus problématique d’une élection reste de se faire financer sa campagne de communication. L’élection la moins chère que je connaisse (ville de 30 000 habitants) coûte 2€/habitant.

Comment obtenir 60 000€ dans une nation qui se paupérise sans mécène ? D’autant que non seulement une liste sera remboursée que si et seulement si elle dépasse un pourcentage de votes exprimés, mais aussi que le remboursement aura lieu plus tard, et enfin que la plupart des employés ou artisans vont voir un impact sur leurs rentrées d’argent (se faire virer ou ostraciser n’est pas une bonne idée). Donc pour être élus il faut avoir un trésor de guerre. Depuis les années 1980 on sait que le montant du financement est directement corrélé à la réussite dans les urnes.

Avoir de l’argent est donc plus important qu’avoir des idées. Notre République est de fait une ploutocratie. Ce qu’Athènes voyait déjà comme une menace à la société.

Les élections de par leurs modes de financement sont réservées à des entités riches, fussent-elles même en défaveur du pouvoir de la richesse.

Peut-on corriger le système ?

Un chef indien disait que l’homme blanc était un con : il arrive en pays indien où les hommes ne faisaient rien de la journée que chasser entre potes, faire la fête et copuler le soir. Où les femmes ne faisait pas non plus grand chose de la journée, et faisaient la fête et copulaient aussi le soir. L’homme blanc arrive impose son système plus compliqué et invente la pauvreté et la misère inconnue des amérindiens. Et le vieux chef de se poser la question : quand un système compliqué fait moins bien qu’un système simple, pourquoi choisir le plus compliqué ?

Regardez la Belgique. Un an sans gouvernement lui a fait moins de mal qu’un an de Berlusconi en Italie, qui voit même (ô comble pour un libéral) la note de sa dette dégradée.

Si le but de l’assemblée est d’être représentative et non asservie aux intérêts privés, ne devrions nous pas nous demander ce qu’il se passerait si :

  1. on obligeait les députés à voter en dehors de toute logique de partie ;
  2. on tirait les députés aux hasard.

Le problème des partis politiques c’est qu’ils ne respectent pas leurs idéologies. Déclamez la tirade du monologue de Figaro qui se conclue par la nécessité d’une société où le mérite doit l’emporter sur la naissance (et implicitement la suppression de l’héritage des moyens de production) et tous les partis politiques vont vous traiter d’anarchistes.

Diantre, citer un texte fondateur de la droite libérale et se faire traiter de gaucho amène à repenser la géométrie politique comme suit :

Géométrie fin XIXé
Axe républicain         |---------------------|                  
                           Gauche                 Droite

- Gauche : tout le monde doit avoir sa chance quelque soit sa naissance, l’état corrige à l’aide des services publiques
- Droite : tout le monde doit avoir sa chance quelque soit sa naissance, l’état corrige à l’aide du marché

La gauche et la droite XIXé pensent que l’Homme n’est pas un loup pour l’Homme, et qu’il est possible de construire une société accordant une égale jouissance de droits à tous les citoyens basé sur un contrat social s’appliquant identiquement à toutes et à tous


Géométrie  XXIé
                 
Axe féodal  
                  |--------------------------------------------|
          Droite XXIé                                  Gauche XXIé

Axe républicain       |---------------------|
                     Gauche XIXé        Droite XIXe            
                    

- Gauche XXIé : on achète la paix sociale en aidant les plus pauvres afin qu’ils n’entravent pas la marche des profits et n’ennuient pas les héritiers.
- Droite XXIé : L’état subventionne les entreprises à l’aide de projets et réglementations, et de taxations différentiées.

La gauche et la droite XXIé pensent que certains Hommes sont plus égaux que d’autres et que la préservation de leurs privilèges profite au plus grand nombre

Dans les deux cas la richesse est non seulement majoritairement patrimoniale mais aussi subventionnées par les plus modestes résultant dans un accroissement mécanique des inégalités.

Désolé d’être un vieux con, les idéologies qui me plaisent sont le communisme, le socialisme, le libéralisme du début du XXé car elles sont toutes compatibles avec la déclaration universelle des droits de l’Homme.

En aucun cas je ne me reconnais dans des partis politiques actuels.

Hommes et Femmes politiques démissionnaires

Le fait politique tient au fait de décider. Quand les partis modernes abdiquent face aux marchés, une abstraction dont ils prétendent qu’elles parlent/sait/impose. J’ai envie de les virer. À quoi cela sert-il d’élire des députés si dès qu’un choix de société est à faire, ils déclinent leur responsabilité au sens que certains concepts intellectuels sont plus forts qu’eux ? Ils poussent même le charlatanisme à invoquer des oracles qui interpréteraient les mots des marchés. Un concept, qu’il s’appelle le marché ou l’écologie, ne parle pas, même par la bouche des experts.

Et pourquoi pas demander à des scientifiques de faire parler l’ADN ou le système solaire, ou les tirages du loto pendant qu’on y est ?

Autant ne pas avoir de députés, si c’est pour qu’ils refusent de prendre des décisions politiques, ou qu’ils fassent passer les intérêts privés des lobbys (aussi nobles soient-ils) avant l’intérêt général.

Pour toutes ces raisons :

  1. je vais continuer d’être inscrit sur les listes électorales ;
  2. je vais continuer à ne pas voter ;
  3. je milite pour le tirage au sort des députés au prorata de l’abstention au niveau national ;
  4. je milite pour la disparition du mode de scrutin actuel du Sénat, et l’abolition de l’élection présidentielle ;
  5. je suis très critique à l’égard de l’utilité des partis politiques dans un régime démocratique ;
  6. je crois dans l’ignorance des experts ;

Si vous êtes comme moi et que les anarchistes vous font chier, devenez patarchistes souhaitant un système de gouvernement à forme patatoïdale.

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